La ligne – LA LIGNE !!

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SI je reste dessus, je meurs. Si je la quitte, je souffre…une durée inconnue. Cette ligne m’obsède. Je veux rester dessus alors même que je sais où elle mène…Est là un minuscule espoir que ce n’est pas vrai et qu’une issue que je n’ai pas encore vue va m’apparaître…plus tôt que plus tard, je l’espère…Je continue. Je ne vois rien d’autre qu’elle. Je ne vois rien d’autre qu’elle comme si ma vue ne voyait rien d’autre net…Bon. Respirer. Me reprendre. Sentir mon corps. Me rappeler le présent. C’est fou comme je peux m’engloutir dans mon esprit en quelques instants et ne plus être. Oublier complètement où je suis, où je marche, qui est autour de moi ! C’est fou !!

Bon. Ok…je n’ai pas de raison de rester à suivre cette ligne. Personne d’autre ne la suit. Juste moi et mon esprit qui n’en fait qu’à sa tête. Juste moi et ce je-ne-sais quoi qui crie « Danger » si j’envisage de quitter cette ligne. Je sens que mes pensées commencent à s’emballer !! Ô boy !! Respirer. Regarder ailleurs. Les arbres…les gens…le soleil…sa chaleur. Revenir. Ouf ! Je suis là. Je vais finir par être bloquée si je continue comme cela. Il semble que rester hors de la ligne me paraît plus souhaitable…Comme il est étrange d’être étranger à ses propres choix, à ses propres actions, à ses propres désirs. « Il semble » que rester hors de la ligne me paraît plus souhaitable… Qui ou quoi est « il »? « Il » choisit pour moi, et moi, je suis. Est-ce que « il » est mon corps ? Est-ce une énergie indépendante ? Les autres ne semblent pas connaître cette force en eux. Ils semblent plutôt bien se maîtriser…moi, mon esprit s’envole loin du monde, puis s’enferre, s’entête, s’enferme. Je ne me sens pas folle pourtant…je me sens aspirée par l’ailleurs ou obsédée par une idée et une seule, c’est selon.

Là, c’était cette ligne au sol, une ligne blanche que j’ai l’impression d’avoir suivie pendant des heures…au lieu de monter dans ma voiture…mon sac de sport à la main…A quoi m’a-t-elle fait penser ? Il y avait la vie, la souffrance, la mort et un étrange bien-être à laisser mon contrôle à autre chose.

Hum. Ces derniers jours ont été peut-être trop intenses. Toutes ces femmes…toutes ces femmes rapatriées à La Cité qui vont enfin vivre sans peur au ventre, sans douleurs quotidiennement infligées. Elles vont se reposer, se soigner, se régénérer et ré-aprendre à être, simplement être. Ce n’est pas donné à toutes, c’est sûr !

Quand on passe autant de temps que j’en passe à regarder l’horreur…oui, je peux autoriser cette force à prendre un peu de mon temps, de mon esprit…je me sens mieux…comme après une réinitialisation.

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